Développement durable et immobilier font-ils bon ménage ?

Développement durable et immobilier font-ils bon ménage ?
« Immobilier : où sont les limites ? » était le thème du colloque organisé mardi par l’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière (IEIF), à la Chambre de Commerce de Paris. Avec au centre des débats plusieurs interventions remarquées sur le développement durable.

 

Le développement durable est un concept devenu un message citoyen

Comme l’avait défini il y a 20 ans le premier ministre norvégien de l’époque, Mme Gro Harlem Bruntdland, le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de besoins, et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Rio 1992, Kyoto 1997, Johannesburg 2002, Montréal 2005 : plusieurs conférences climatiques plus tard, le développement durable est passé du statut de concept d’initiés à celui de message citoyen. Les pouvoirs publics s’en sont emparés, légiférant à tours de bras : loi Voynet, loi SRU, loi démocratie et proximité, etc… Avec, à la clé, toute une panoplie d’outils : DPE (Diagnostic de Performance Energétique), HQE (Haute Qualité Environnementale), AEU (Approche Environnementale de l’Urbanisme), bilans carbone, etc… on voit même apparaître des fonds d’investissement verts dans l’énergie !

 

 

Quel est le coût du développement durable ?

Les coûts sont difficiles à appréhender, car les actions actuelles sont sur les parties communes des immeubles. L’impact sera double, à la fois sur la gestion locative et sur la gestion technique. Mais aussi, les bénéfices sont réels. En effet, 1° de température en moins peut représenter 5 à 6% sur une facture annuelle énergétique !

Exemple : les éco-quartiers à l’étranger (Malmö en Suède, Fribourg en Allemagne ou Beddington en Angleterre).

On retrouve 82 logements qui ont une économie :

  • d’énergie de 70%,
  • d’eau de 50%
  • de CO2 de 50%
  • et des matériaux locaux et recyclés.

Ainsi, il y a une forte optimisation énergétique du bâtiment et de l’utilisation du solaire et des eaux de pluie.

Plus près de chez nous en France, la conception des logements de la ZAC de Bonne dans la région grenobloise a permis de diviser par 7 les consommations d’énergie par m²/an !

 

 

Quelle plus-value à la revente ?

On peut se demander alors, quelle sera la règle au moment de la revente dans 10-20 ans ? Même s’il est difficile de se projeter dans l’avenir, il y aura très certainement une surenchère dans une dimension que l’on ne connaît pas bien.

Le concept HQE ne peut faire norme que dans le neuf, qui va considérablement évoluer dans les dix prochaines années. Le problème va se situer dans l’ancien. Il y a des bâtis et des techniques qui s’y prêtent (isolation, capteurs solaires) et d’autres pas.

 

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